vendredi 23 mars 2007

POEME PHILOSOPHIQUE

Poux être heureux en vieillissant
N' épousez pas femme trop jeune.
N'imposez aux adolescents
Votre présence que s' ils la veulent.
Ne vous montrez pas soupçonneux
Non plus qu' acariâtre ou morose.
Ne critiquez à qui mieux mieux
La façon dont on vit et cause,
Toutes les moeurs du temps présent.
Soyez au contraire indulgent
Pour leurs folies et leur faiblesse.
Ne bavardez pas sans arrêt,
Ne parlez pas trop de vous-même,
Ne tranchez pas de tout sujet
D'un ton péremptoire et suprême…
Plus léger sera le fardeau
De l'âge en suivant ces préceptes,
Mais ne vous en targuez pas trop
Car le pis, c’est d’ être immodeste.
Envoi d'un ami Aricien
décembre 1981

dimanche 28 janvier 2007

Évolution de notre "Temps de Vivre"

Quelques exemplaires montrant à la fois la continuité,
mais aussi l' évolution, favorisée par les techniques actuelles.

diaporama

mercredi 24 janvier 2007

A un ARICIEN... à la manière de Rudyard KIPLING

Si tu sais employer les moyens de ton âge
A semer autour de toi du bonheur tout exprès,
Si tu sais employer ton coeur et ton courage
Pour tout ce qui vit, pour tout ce qui est vrai...

Si tu ne sais pas encore mais que tu voudrais connaître
Les secrets du trésor qu'on appelle Amitié
Surtout, ne t'en prives pas, sous peine de disparaître
Comme ces coeurs secs qui font tant pitié !

Si tu sais écouter les conseils qu'on te donne
Ensuite les appliquer quand ils sont entendus;
Si tu sais n'en vouloir à rien ni à personne
Quand tes avis ne sont pas retenus...

Si tu sais respecter, défendre et faire connaître
Tes coutumes, ton terroir, ta langue et ta cité...
Si tu ne les oublies pas aussi loin qu'tu puisse être
Si un jour tu devais les quitter...

Si tu sais parler d'or en restant populaire,
Aux petits comme aux grands, donner ta bonne humeur,
Si tu sais pénétrer dans les humbles demeures
Aussi bien que chez les grands seigneurs...

Si tu sais remplacer les mots par des refrains,
Et dans les pires moments faire encore de l'esprit,
Si tu sais faire sourire,même quand ton coeur est plein
Et quand l'espoir même, n'est plus permis.

Si tu sais simplement donner à tes amis
Un rire franc et sonore que t'auras provoqué
Et leur faire oublier tout ce qui les ennuie
Sans être vulgaire et sans jamais choquer...

Si tu peux accueillir les bravos prolifiques
Ne croyant pour cela que le monde t'appartient
Si tu sais faire passer l'amitié bien avant la critique
Et le succès de tous avant le tien...

Alors — et c'était là ta place — tu n'avais rien à perdre
Tu avais tout ce qu'il faut et ça, c'est magnifique !
C'est pour des gens comme Toi qu'la porte fut grande ouverte
Dans cette grande famille de L'A.R.I.C.

J'ai tenu à dire ce poème aujourd'hui, à la mémoire et en hommage à un ARICIEN disparu : notre ami Denis DhelftCes mots, je suis certain qu'il aurait pu nous les transmettre lui—même, comme un message de joie, d'espérance et d'encouragement à nous tous.(Jean G. à l'Assemblée Générale du 15 Mars 1990)

mardi 23 janvier 2007

Double naissance: le premier numéro en 1966, et le blog Temps de Vivre


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Souvenirs d' IRLANDE - 11 au 22 juin 1990

« La route est longue vers Tipperary
Mais mon coeur y est resté.»

Le 11 Juin, cinquante membres de l'ARIC prenaient le départ pour la République d'Irlande encore appelée l'Eire. Contrairement à d'autres voyages organisés par notre groupement, ce déplacement n'était pas à vocation cultu­relle. Nous partions à la découverte d'un pays qui, étant séparé de la Fran­ce par deux mers, est moins accessible au touriste que le Pays de Galles ou l'Ecosse par exemple, d'un pays qui a gardé un charme un peu mystérieux re­haussé par la langue gaélique encore parlée dans les campagnes et étudiée dans les écoles et les Universités, un pays dont " les seuls contrastes sont la mer, le jeu de la lumière et les mêmes courbes vertes des collines que les Vikings ont vues à leur arrivée" comme l'écrit un de leurs auteurs.

Un coup d'aile sur le vol régulier d'Air France, un excellent repas
et un quart de Pommery Brut Royal bien frappé... et c'était Dublin que nous avions encore le temps de parcourir en un tour panoramique. A votre droite... A votre gauche... chantait Natacha notre guide ... et nous étions enfin arrivés à l' Hôtel Victor pour notre premier diner et notre première nuit.

Notre itinéraire nous fera parcourir près de 2.500 kilomètres en remon­tant d'abord vers le Nord-Est par la vallée de la BOYLE, SLIGO et BALLYSHANNON, la pointe septentrionale du pays aux côtes sauvages et découpées, aux falaises impressionnantes et aux plages de sable fin. Ce sera ensuite la désertique mais splendide région du CONNEMARA, une étape qui nous prendra deux jours pour admirer ses lacs, ses tourbières, ses landes et ses montagnes. Nous descen­drons ensuite vers LIMERICK, les célèbres falaises de MOHER, le BURREN puis le lac de KILLARNEY.
Puis ce sera le Ring de KERRY, un magnifique voyage circulaire qui nous ramènera à KILLARNEY pour la nuit. Les deux derniers jours nous visiterons CORK et son port, YOUGHAL et sa plage de huit kilomètres et nous remonterons par le Comté de WICKLOW et GLENDALOUGH un petit village romantique, pour re­joindre DUBLIN le soir du 20 Juin.
Il serait prétentieux de vouloir détailler cet itinéraire. Il faut l'a­voir parcouru et avoir goûté tous les moments merveilleux, surprenants, en­voûtants, émouvants parfois de ces régions, avoir vu les chevaux et les mou­tons en liberté dont on ne sait s'ils vivent chez les Irlandais ou si ce sont les Irlandais qui vivent chez eux et surtout avoir côtoyé ces gens attachants, hospitaliers et pleins d'humour.

IRLANDE TERRE D'ACCUEIL

On se sent les bienvenus, FAILTE comme ils disent en gaélique, dès le premier contact avec eux: signes de la main à notre passage, sourires amicaux, efforts pour parler notre langue dans les hôtels et les restaurants. Les hô­tels qui jalonnèrent notre route furent pour nous des moments privilégiés pour les contacts humains et je ne pourrai jamais oublier ce jeune barde qui chantait des ballades irlandaises dans le lounge de notre hôtel en s'accompagnant à la guitare et s'humectant la gorge d'une lampée de Guinness. S'apercevant bien vite que nous étions français il nous jouas." Sous les ponts de Paris" et nous demanda si nous voulions profiter du micro pour chanter aussi. Proposition acceptée et voilà tout le groupe chantant la Ballade Irlandaise et le P'tit Quinquin. Réunis là ce soir nous avons été émus par cette cordialité naturelle qui ne se démentira pas de tout le voyage.


Un autre exemple. C'est un Irlandais amateur de vieux tacots qui s'approche de deux d'entre nous qui admirions une antique Volkswagen au Musée National de Transport Irlandais à KILLARNEY. Il n'arrêtait pas de parler et de vanter les qualités de cette marque et comme à la fin nous lui fîmes comprendre que... le car nous attendait, il s'excusa, nous donna une chaleureuse poignée de main qu'il accompagna d'un vibrant "God Bless You" qui fleurait bon le whiskey... C'était un dimanche ... à l'heure où les pubs étaient ouverts!...

Un autre jour. Un cimetière nous sépare du magnifique lac de KILLARNEY. La route étroite est bordée de chaque côté de nombreuses voitures et au beau milieu une Mercédès arrêtée de biais nous barre complètement la route. Que voulez-vous? ... On enterre un Irlandais ce matin là et peut--être que quelques pintes de Guinness ont déjà coulé au pub du village. Un jeune ecclésiastique en strict costume gris anthracite et col romain de clergyman navré de notre embarras demande la permission à notre chauffeur de monter dans le car et prenant le micro il nous prie d'excuser ses paroissiens et termine par~un "God Bless You " qui ici avait plutôt un goût d'eau bénite !...

Ces scènes là ne s'inventent pas.

Enfin, lors de la visite de la Cathédrale anglicane de DUBLIN, la veille de notre retour, le Doyen prie le sacristain, un grand rouquin en soutane violette que j'avais pris pour l’ évêque !... de nous rassembler autour de lui et nous lit une prière pour la paix en Irlande. Il nous demande ensuite de réciter avec lui "The Lord's Frayer" et il nous serre la main à tous. Ici c'est plus que de l'accueil, c'est de l'oecuménisme.

LES HOTELS

Ils allient tous le luxe et le confort. Quel dommage que dans notre course minutée nous n'ayons pas pu profiter davantage de ces vues splendides que nous avions de nos fenêtres sur la mer ou les lacs, de ces lits douillets d' où il fallait nous extraire en vitesse à 7 h 30 précise pour faire les valises, passer rapidement sous la douche et lorgner à regret vers la bouilloire élec­trique, les sachets de thé ou de café, le petit pot de lait et les spéculoos. Le "breakfast" était impérativement à 8 h 15 et le départ à 9 heures après que les 50 valises toutes scrupuleusement comptées par Luc notre accompagnateur aient été placées dans 1 es soutes du car.

LA CUISINE IRLANDAISE

Tous les guides nous le diront: il n'y a pas de cuisine particulière à l'Irlande pas plus qu'il n'y en a en Angleterre ou en Ecosse. C'est bien connu. Pas question d'avoir mal au foie sauf par abus de bière ou de whiskey! La nourriture donc est saine et abondante... surabondante même. Viandes très cuites, légumes cuits à l'eau vous laissant le choix à tous les repas entre la purée nature, les choux de Bruxelles et les carottes! Je puis dire que nous avons eu des carottes au menu tous les jours midi et soir. On sait main­tenant pourquoi les Irlandaises ont de ces chevelures flamboyantes à faire pâlir le diable et je ne parle pas des messieurs!

Une exception et elle est de taille. Le meilleur saumon est irlandais et digne des plus grands éloges. Mais je veux seulement signaler le banal poisson frit servi sans jamais la moindre arête...et avec un soupçon de sauce à la menthe, c'est divin. Mais si au menu, en entrée, vous lisez: "consommé sherry" ne prenez pas cela pour un petit mot tendre destiné à vous faire goûter la suite, non, vraiment... c'est tout simplement une tasse de viandox!

LA ROUTE ET SES INCIDENTS

Par sa superficie l'EIRE est un petit pays. Il n'y a pas 200 kilomètres de DUBLIN à GALWAY sur l'Atlantique et guère plus de 320 kilomètres de LETTERKENNY à sa frontière Nord avec l'ULSTER jusqu'à CORK au Sud. C'est un pays montagneux et pauvre, presque essentiellement.

Les routes sont étroite et sinueuses. De plus les fonds tourbeux ne permettent pas de leur garder une assise bien stable ce qui les rend cahoteuses. Ici, disent les gens ce sont les ânes qui ont tracé les routes, pas les techniciens! Ceci pour dire que nous étions bien secoués dans le car et que certains parmi les plus grands se sont même cogné la tête au plafond. Cependant notre chauffeur, Ted roulait lentement - le 50 km heure semblait être un maximum - et comme le car possédait une marche arrière... il s'en servait avec dextérité chaque fois qu'il était nécessaire, ce qui arrivait souvent. Ce fut le cas lorsqu'à un détour du chemin on vit le car s'engager avec douceur sous un joli petit pont de pierres, en ogive et placé de biais par rapport à la route. A 1 cm près le pont et le car avaient la même hauteur... Soudain on entendit un craquement juste au moment où un petit train d'intérêt local passait au-dessus de nous. Le petit pont de pierres ne voulut pas céder. Ted dut reculer et avancer de nombreuses fois avant de se trouver bien dans l'axe du pont. Enfin il passa sous les applaudissements des tous les passagers!

Le lendemain, ce furent deux véhicules blindés de reconnaissance, tous phares allumés et canons en batterie avec lesquels nous nous trouvâmes nez­à-nez ( si l'on peut dire ). Et si c'était l'IRA ? Les passagers des premiers rangs, courageux pais pas téméraires, levèrent aussitôt les bras. Ceux du fond se demandaient ce qui arrivait. Allait-on être rançonnés? Enfin à force de marches avant et de marches arrière les véhicules se serrant à se raser, l'Armée et l'Aric passèrent. Ouf!...

L'AMBIANCE DU CAR..

Elle m'a bien souvent rappelé celle des cars scolaires en sortie pédagogique de fin d'année. Notre fidèle accompagnateur silencieusement assis au fond du car, là où se placent les profs qui veulent bien surveiller leur groupe,se tenait toujours prêt à intervenir, à dépanner où à aider quelqu'un. Non l'ambiance ne fut pas triste. En général, dans l'heure qui précédait le lunch, au moment où un creux à l'estomac se faisait sentir on semblait avoir besoin de le tromper par des plaisirs plus raffinés que ceux de la tabla ! C'était "la demi-heure culturelle " où une étincelle semblait avoir mis le feu aux poudres et où les plaisanteries fusaient où les bons mots...et les moins bons s'échangeaient.
Je passerai sur l'aide collective que le groupe dans un souci pédagogique louable apportait à notre guide Natacha. Charmante elle provoquait souvent l'hilarité générale par ses conceptions peu orthodoxes de la grammaire française et de la question embarrassante du masculin et du féminin !... Espérons qu'elle a progressé à notre contact!..

Je ne pourrais pas terminer ces impressions de voyage en Irlande sans un mot sur la beauté des paysages et des ciels qui seront marqués dans nos mémoires. Je crois bien que c'est un Irlandais qui a pu écrire: " Oh! terres voilées, plus belles et plus envoûtantes par leur mystère que ces paysages méridionaux brûlés d'un éternel soleil". Paysages dont les tons de vert varient constamment au gré du temps, au gré du vent. Ciels qu'on ne se lasse pas de contempler parce qu'ils varient de minute en minute passant d'un beige très pâle à un ocre qui s'en va se mêler à de gros nuages sombres annonciateurs de pluie, passant eux-mêmes dans leur course folle du gris presque noir à des tons tirant sur le violet.

A mon retour, des amis m'ont demandé si nous avions eu du beau temps. Je leur ai répondu très sincèrement que nous avions eu un temps irlandais, le plus beau que ce pays pouvait nous offrir et sans lequel l'Irlande ne serait plus la verte Erin.

Raymond L.